Les grèves nationales des 10 et 18 septembre ont mobilisé des milliers de manifestants à travers la France. Les enseignants se sont joints à ce mouvement pour dénoncer une situation critique au sein de l'Éducation nationale, confrontée à un manque de personnel et à des difficultés de prise en charge des élèves en situation de handicap.
En l'absence de gouvernement, l'intersyndicale a appelé à la mobilisation générale. Le syndicat Snuipp-FSU a annoncé qu'un tiers des professeurs des écoles participerait à la grève du 18 septembre, une annonce faite 48 heures à l'avance, comme l'exige la loi.
Le jour J, la secrétaire générale du syndicat a déclaré à l'antenne de BFMTV : « On manque de tout dans l'Éducation nationale ». Jeudi 18 septembre, 17,48 % des enseignants du premier degré ont fait grève, pour une moyenne générale de 14,16 %.
Une semaine plus tôt, le mercredi 10 septembre, les professeurs étaient absents avec 0 % de mobilisation dans le premier degré pour une moyenne générale de 4,64 %, selon les chiffres du ministère. La majorité des écoles étant fermées le mercredi matin, les personnels n'avaient pas l'occasion de faire grève.
Des revendications claires et partagées
Les syndicats s'accordent sur le diagnostic d'une crise profonde. La CFDT dénonce un « assèchement de l'offre éducative » et l'« état très préoccupant du service public d'Éducation ». De son côté, le Snes-FSU exige une « nouvelle orientation en matière de politique éducative », tandis que la CGT Éduc'action qualifie les conditions de rentrée de « déplorables ».
Le Snuipp FSU a mené l'enquête pour appuyer les revendications sur des données concrètes :
- Sur 6 000 classes sondées, la moitié ne dispose pas de professeur attitré pour l'année scolaire.
- 80 % des équipes éducatives interrogées déclarent avoir au moins une classe de plus de 22 élèves.
- La moitié des équipes rapporte avoir au moins un élève sans accompagnement par un assistant d'éducation spécialisé (AESH).
D'une manière générale, l'ensemble des syndicats se mobilise en faveur de meilleures conditions de travail pour les enseignants et un investissement global dans l'Éducation, en vue de reconstruire des écoles adaptées aux besoins du personnel qui y travaille et des élèves.
