Le plan « Maths et fille » : l'Éducation nationale s'attaque aux stéréotypes

Publié le 30 mai 2025 par Loris
Le plan « Maths et fille » : l'Éducation nationale s'attaque aux stéréotypes

Les filles se tournent moins vers les mathématiques que les garçons. Dès le CP, on note un grand écart de résultats entre eux, dû notamment au manque d'accompagnement et de soutien des filles. En 2024, l'étude TIMSS montrait que là où les garçons améliorent leurs résultats entre 2019 et 2023, les filles sont en nette diminution (à lire ici)

« Si l’appétence des filles pour les mathématiques est équivalente à celle des garçons à la rentrée, un écart apparaît dès le premier trimestre et se creuse tout au long de la scolarité », souligne Élisabeth Borne lors de sa présentation du plan, début mai. Ce qui se traduit plus tard par leur désistement dans les formations scientifiques. Pour résoudre ce problème, le ministère lance le plan « Maths et fille ».

Le plan d'action

Il repose sur trois piliers distincts, à savoir former et sensibiliser les personnels, renforcer la place des filles dans les enseignements qui ouvrent vers les filières d'ingénieur et du numérique, ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations. 

Le premier pilier concerne le premier degré avec trois mesures. 

Mesure 1 : dès la rentrée 2025, tous les professeurs de l’éducation nationale bénéficieront d’une sensibilisation aux biais de genre

  • Cette sensibilisation de 2 heures devra se dérouler avant le 15 septembre. Elle sera animée par le directeur d’école, le chef d’établissement ou le référent égalité filles-garçons, qui auront bénéficié eux-mêmes d’une formation dispensée par le ministère.
  • Elle s’appuiera sur les indicateurs statistiques propres à chaque établissement et permettra d’analyser les écarts filles/garçons dans le premier degré
  • Une capsule vidéo réalisée par les co-pilotes du rapport sera diffusée pour partager les principaux enseignements du rapport et promouvoir les méthodes pédagogiques les plus favorables à la réussite des filles en mathématiques.

Mesure 2 : dès la rentrée 2025, un plan de formation pluriannuel permettra de former tous les professeurs des écoles et les professeurs de mathématiques du second degré à la prévention des biais de genre et des stéréotypes dans l’apprentissage des mathématiques

  • La formation d’au moins une journée concernera les 370 000 professeurs des écoles. Elle s’inspirera d’une expérimentation menée dans l’Académie d’Amiens qui aura permis en trois ans d’inciter 100 filles de plus à choisir l’enseignement de spécialité de mathématiques.
  • Elle commencera dès la rentrée 2025. Tous les professeurs des écoles seront formés au cours des quatre prochaines années.
  • Elle visera à analyser les gestes professionnels, faire prendre conscience des risques de reproduction involontaire qui apparaissent par exemple dans la gestion des prises de parole en classe ou dans les appréciations portées sur les bulletins scolaires.

Enfin, une charte de lutte contre les stéréotypes sera affichée en salle des maîtres et rappellera les points de vigilance pour mieux prévenir la reproduction des stéréotypes. 

Pour le collectif Maths&Sciences, ces mesures « sont un peu de la poudre aux yeux ». Si la formation semble intéressante, le collectif regrette qu'elle ne soit l'affaire que d'une seule journée. Pour le Snalc, c'est le délai de mise en place de la formation qui va être difficile, notamment parce que la rentrée est déjà chargée. 
 

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