La Cour des Comptes dénonce « un système éducatif en situation d'échec »

Publié le 17 juin 2025 par Loris
La Cour des Comptes dénonce « un système éducatif en situation d'échec »

Le mardi 20 mai 2025, la Cour des Comptes a publié son dernier rapport focalisé sur l'école primaire. Les conclusions qu'elle en tire sont loin d'être positives, elle constate notamment « un système éducatif en situation d'échec », « qui n'intègre pas suffisamment tous les acteurs », « une  organisation en décalage avec les besoins de l'enfant » et une « dépense mal évaluée qui ne cesse de croître ». 

Au-delà de constater les dysfonctionnements de l'école primaire, la Cour des Comptes établit des recommandations pour redonner à l'école les moyens d'aller mieux. 

En introduction, la Cour des Comptes rappelle que l'enseignement du premier degré concerne 6,3 millions d'élèves, dont 5,4 millions dans le public. Avec plus de 47 000 écoles et 368 632 enseignants, elle juge prioritaire pour le système scolaire de « réexaminer son organisation, renforcer l'attractivité de la fonction d'enseignant et d'adapter la gouvernance des écoles pour un management de qualité ».

Des inégalités qui s'aggravent

Si le système éducatif est inefficace, c'est principalement à cause de l'échec scolaire, selon la Cour des Comptes. Alors que la dépense consacrée à l'école primaire augmente chaque année, le niveau des élèves suit « une tendance inverse ». 

L'instance rappelle que la France est classée dernière des 21 pays de l'UE en ce qui concerne le niveau des CM1 en mathématiques. 

Les inégalités filles-garçons et le renforcement des difficultés pour les élèves qui connaissent un indice de positionnement social bas sont aussi la conséquence de ce système défaillant, selon la Cour des Comptes. 

Une mauvaise prise en compte des besoins de l'enfant 

Pour que les enfants aient de bons résultats scolaires, ils doivent bénéficier d'un enseignement structuré et de qualité, comme le rappelle l'instance. Malgré ses efforts, la France dépense moins que les autres pays dans l'enseignement élémentaire. Autre problème : l'organisation du temps scolaire. La Cour des Comptes souligne qu'elle devrait être pensée en fonction des élèves, et non pas d'un programme. La semaine de 4 jours n'est « pas en cohérence avec la chronobiologie de l'enfant », selon un rapport de l'Académie nationale de médecine publié en 2010. 

Les dépenses augmentent 

Moins d'élèves et plus de dépenses, mais qui sont disparates et mal évaluées selon la Cour des Comptes. La répartition des dépenses, entre l'État, les collectivités territoriales et les acteurs privés est souvent mal gérée et sous-estimée. Cela implique un déséquilibre en la défaveur des collectivités qui s'endettent parfois pour plusieurs années, notamment quand elles investissent dans la reconstruction d'écoles. 

Intégrer les acteurs 

« Le rôle déterminant des enseignants dans l'amélioration des possibilités d'apprentissage des élèves est mal encadré », constate la Cour des Comptes. Les réformes de leur formation s'enchaînent mais aucune ne donne lieu à une évaluation, et n'a pas vocation à répondre aux exigences futures, poursuit-t-elle. Le directeur d'établissement scolaire est également limité en matière de pilotage éducatif. 

Pour pallier ce problème, la Cour des Comptes recommande de créer un statut de directeur, et de mettre en place des projets d'école qui tiennent compte des spécificités locales ainsi que de la diversité des territoires. 

Changer l'école pour le futur 

Plusieurs enjeux doivent être relevés par l'école pour penser les défis du futur

  • mettre le bien-être des élèves au centre des initiatives innovantes
  • tirer parti des opportunités qu'offrent les outils numériques pour les mettre au service de la pédagogie et améliorer l'efficacité des enseignements
  • renforcer la coopération des acteurs de l'éducation autour de projets pédagogiques mobilisant le numérique 
  • relever le défi de la transition écologique en adaptant les locaux scolaires, revoir la coordination des responsabilités, quantifier les besoins et financements et permettre aux enfants de s'épanouir dans leur environnement

Pour que l'école retrouve sa bonne santé et que les élèves puissent s'y épanouir, la Cour des Comptes recommande au gouvernement d'insister sur le recrutement et la formation des enseignants, d'engager une réforme du statut de directeur d'école, d'établir des conventions avec les collectivités territoriales et de systématiser les regroupements pédagogiques dans les territoires confrontés à une baisse des effectifs. 

 

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