LGBTphobies dans l'Éducation nationale : les profs concernés laissés pour compte

Publié le 25 septembre 2025 par Loris
LGBTphobies dans l'Éducation nationale : les profs concernés laissés pour compte

Le suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école victime de harcèlement homophobe, a ému la toile et l'ensemble de l'Éducation nationale. C'est aussi l'élément déclencheur d'une prise de conscience collective : le personnel LGBTQ+ ne se sent pas protégé par son ministère. 

Christine Paccoud, épouse de Caroline Grandjean, a décidé de porter à nouveau plainte contre l'Éducation nationale après le suicide de sa bien-aimée, victime de harcèlement depuis septembre 2023. Sur les murs de l'école où travaillait la directrice, des tags homophobes ont été découverts, l'insultant de « sale gouine » ou encore de « pédophile ». L'enquête menée à la suite de ces inscriptions a été classée sans suite en mars 2025. 

Selon SOS Homophobie, 25 % des appels reçus de la part de personnes subissant des violences ou discriminations anti-LGBTQ+ seraient émis par des personnels enseignants. 

Les enseignants, grands oubliés de la prévention

Plusieurs syndicats et associations se sont saisis de ce fait divers pour soulever des problèmes récurrents et systémiques dans l'Éducation nationale. « Tous les personnels LGBTQ+ se sont sentis heurtés par l'histoire de notre collègue. Les moqueries et insultes, on les connaît », témoignait Alexis Guitton, membre du collectif éducation contre les LGBTIphobies en milieu scolaire et universitaire. 

Clémence Barland, porte-parole du collectif les Féministes révolutionnaires, racontait lors d'un rassemblement que « quand on est lesbienne, bi, gay, trans ou non-binaire dans l’Éducation nationale, on nous apprend dans la formation à ne pas le montrer : on ne doit pas le dire aux élèves, on doit le taire en salle des profs ». 

Pour Julia Torlet, porte-parole de SOS Homophobie, les enseignants sont les grands oubliés de l'Éducation nationale. Les campagnes et les efforts de sensibilisation sont menés pour les élèves, mais jamais en direction des professeurs. « L'Éducation nationale ne prévoit rien du tout pour les profs LGBTQ+ », souligne-t-elle. 

Un cas qui n'est pas isolé

Dans les réseaux enseignants en ligne, de nombreux mouvements de soutien se sont organisés à la suite du suicide de Caroline. Ensemble, ils demandent « justice pour Caro » et s'accordent pour dénoncer l'inaction de leur ministère. D'autres en profitent pour témoigner : « moi aussi, j'ai été laissée seule face  une hiérarchie aveugle, à des collègues muets et à des attaques injustes, tout ça parce que j'avais choisi d'aimer et que ça dérangeait ». 

De son côté, l'Éducation nationale se défend du mieux qu'elle peut. Elle s'est dite « profondément touchée par le décès tragique » de Caroline Grandjean, affirmant que « des mesures d'accompagnement avaient été mises en place par l'institution ». 

Pour les concernés, il y a encore du chemin à faire. Plusieurs professeurs ont également témoigné dans un article de Libération pour raconter les violences dont ils sont les victimes au quotidien, en raison de leur identité LGBTQ+. Alexandre, homme transgenre, a par exemple été mis à l'écart de toute l'équipe éducative quand il a débuté sa transition. 

Les enseignants LGBTQ+ font face à un climat où leur identité n'est pas toujours la bienvenue. « Dans ma salle des profs, il y a des collègues qui, ouvertement, régulièrement, sous couvert d’humour, tiennent des propos sexistes ou lgbtiphobes », affirme Alexis Guitton. 

Sous les articles qui mentionnent le personnel LGBTQ+, de nombreux commentaires ne font que prouver ce qui est dénoncé : l'homophobie, la transphobie et le rejet des personnes LGBTQ+ sont très présents. 

Partagez cet article