Moins de postes étaient proposés aux concours de l'enseignement public et privé sous contrat, mais plus de 2 000 d'entre eux sont restés vides. Depuis 15 ans, l'Éducation nationale peine à pourvoir l'intégralité de ses postes.
En ce qui concerne le premier degré, 26 académies sont parvenues à recruter l'intégralité des enseignants dont elles avaient besoin, mais quatre d'entre elles sont concernées par des postes vacants. Versailles, Créteil, la Guyane et Mayotte manquent cruellement de professeurs des écoles. Une nouvelle qui creuse les inégalités territoriales entre les différentes académies.
À l'issue du concours externe, Créteil dispose encore de 26,5 % de postes à pourvoir, contre 37 % à Versailles, 21 % à Mayotte et 77 % en Guyane. Les deux académies franciliennes peuvent compter sur les concours supplémentaires pour combler le manque, ce qui n'est pas le cas des académies hors métropole.
Si le ministère se félicite de voir une progression par rapport à 2024 avec 94,7 % des postes ouverts dans le premier degré public pourvus au niveau national, il reste, selon lui, 590 postes vacants. Au total, en compilant les données de l'ensemble des concours, l'AFP compte 1 284 postes à pourvoir dans le premier degré.
Une crise qui dure
Depuis 15 ans, l'Éducation nationale ne parvient pas à pouvoir l'entièreté des postes enseignants ouverts au recrutement. « Ces résultats montrent que le problème d’attractivité se confirme et s’approfondit », commente Catherine Nave-Bekthi de la CFDT Éducation. Un constat partagé par sa collègue Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE UNSA, qui dit avoir « de très grosses inquiétudes sur la rentrée ».
« Il y a moins de pertes puisqu'il y a moins d'offres au départ », nuance Aurélie Gagnier, porte-parole et secrétaire du Snuipp-FSU. « En réalité, les besoins sont toujours aussi criants », dénonce-t-elle. L'occasion pour les syndicats de rappeler les besoins de l'école aussi bien au niveau du matériel que du personnel.
Au sujet de l'attractivité du métier, de nombreuses mesures ont été annoncées par le gouvernement, mais rien qui ne saurait satisfaire les demandes des syndicats, qui dénoncent des propositions inadaptées face aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Retrouvez l'ensemble des articles au sujet de la crise des enseignants sur les trois dernières années :
- En août 2023, Gabriel Attal annonçait déjà un « plan global sur la reconnaissance du métier enseignant », décision qui suivait des propositions formulées par la Cour des comptes en février de la même année après que le nombre d'enseignants ayant quitté l'Éducation nationale a atteint des records.
- Le 5 avril 2024, Emmanuel Macron annonçait des changements à venir dans la formation des futurs enseignants, misant sur la réforme pour augmenter le nombre de professeurs des écoles.
- En juillet 2024, c'était au tour de Nicole Belloubet, ministre de l'Éducation à l'époque, de réagir à la crise du recrutement alors que 3 200 postes n'avaient pas été pourvus, dont 976 dans le premier degré.
