Les arts plastiques en SEGPA

Les arts plastiques en SEGPA

Article invité rédigé par Maximilien du site Maxi prof.

Quand on arrive en SEGPA, on ne choisit pas forcément ses matières. Le plus souvent, on récupère des matières que certains professeurs du collège ne font pas avec les élèves de SEGPA en plus des matières importantes. C’est le cas des arts plastiques.

Cela peut être un véritable défi afin de proposer des projets motivants à des adolescents qui voient cette heure dans la semaine plus comme une grande récréation qu’un véritable temps d’apprentissage.



Pour contrer cela, je vous propose quelques ressources issues de divers blogs ou bien de ma création personnelle avec à chaque fois des exemples de réalisations d’élèves. 

1. Les activités de peinture


En SEGPA, j’évite d’utiliser la peinture lors de mes séances d’arts afin d’atténuer le risque de dérapage et de tâches que pourraient faire les élèves. De plus, n’étant pas forcément dans une salle comportant un point d’eau, l’utilisation de la peinture peut s’avérer complexe.

Les fresques préhistoriques :

Cependant, il m’arrive très rarement d’en faire en particulier pour un projet avec les 6e de réalisation d’une fresque préhistorique. Cette idée vient de la classe de Define. Cette réalisation vient en lien avec le programme d’histoire.

L’objectif est simple : il faut réaliser une œuvre au format A4 minimum à la manière des hommes de Cro-Magnon. Pour cela, les élèves vont utiliser des éponges, mais aussi leurs mains. Avant toute chose, il est nécessaire de leur montrer des exemples en prenant, par exemple, les fresques pariétales de la grotte de Lascaux.

Les élèves réalisent un dessin préparatoire avant d’attaquer la peinture puis de finir avec des pastels gras pour faire les contours de leurs animaux. Cela donne un résultat plutôt sympathique et permet de réaliser une mini grotte ou du moins une fresque pour décorer la classe ou les couloirs.

2. Les activités sur feuilles


La plus grande majorité de mes travaux se font sur feuille. J’essaye de varier les techniques et les instruments de dessins, mais les élèves ont besoin dans la majorité des cas d’un support afin de se sentir à l’aise.

Une image à manger :

Le premier projet que je vous présente est issu d’eduscol. Ce site, qui est une référence, propose de nombreuses séquences d’arts visuels pour l’ensemble des niveaux.

Ici, le projet est de créer une image à manger. Pour cela, je montre aux élèves différentes réalisations d’artistes comme Arcimboldo par exemple. J’essaye au maximum de varier les propositions en montrant des œuvres peintes, des photographies, des installations ou même des performances. Je termine en proposant aux élèves une carte blanche avec comme thème : proposez-moi seul ou à deux une image à manger. Avec ce projet, j’ai comme objectif de laisser l’imagination de l’élève se développer. J’ai ainsi obtenu des dessins, des collages ou même des installations que nous avons pris en photo.

La création de Flipbooks :

Cette idée se base sur le travail de La classe de Mallory. L’objectif est de créer un mini film en 24 ou 32 images. Cet exercice est plus compliqué qu’il n’y paraît, car les dessins doivent être semblables et montrer une réelle continuité. Je profite de cette séquence pour travailler autour du cinéma d’animation et relier ces dessins à la technique du stop motion et les dessins animés que sont Chicken Run et Wallace et Gromit.

Pour vérifier si les élèves ont réussi leur travail je projette leurs animations au tableau avec l’aide d’une caméra Hue afin de valider ou non en classe entière les différents flipbooks.

Les onomatopées bruyantes :

J’ai trouvé ce travail dans l’excellent article de Charivari concernant les arts plastiques en SEGPA. Cet article est fait pour vous rassurer et regorge d’idées brillantes pour travailler en arts en SEGPA pendant 1 an.

L’objectif de ce travail est assez simple : il reprend les codes de la BD. Après une étude sur la BD et un travail oral sur les onomatopées, je donne la consigne suivante : « Vous devez réaliser le dessin le plus bruyant possible ! »

Pour aider mes élèves, je mets à disposition des feuilles d’onomatopées issues de différentes BD. Les résultats sont plutôt colorés et sont assez originaux. C’est un projet très court qui peut se faire facilement. Je vous le conseille !Pour débuter une année en SEGPA c’est parfait.

Les prénoms symétriques

Voici un autre projet qui peut être réalisé en période 1. Il s’agit d’un travail que l’on peut trouver chez CHDécole. L’objectif est de faire son prénom en symétrie. Plusieurs points sont intéressants pour ce travail. En premier lieu, on travaille la symétrie avec les élèves. Deuxièmement, on va travailler autour du prénom donc de la présentation de chaque élève. Il existe de nombreux autres travaux sur les prénoms comme les prénoms déguisés que l’on trouve ici.

Sur le prénom symétrie, le principe est simple. Il faut prendre une feuille et noter le prénom de l’élève sur la hauteur de la feuille. Puis, il faut réaliser le symétrique et ensuite repasser autour avec de nombreuses couleurs afin de donner un effet au prénom. Cela rend bien, mais peut être compliqué à réaliser avec certains élèves. C’est donc un projet qu’il faut bien penser avant de le mettre en place.

3. Les projets collaboratifs


Voici ma partie préférée des cours d’arts plastiques. Réaliser des projets collaboratifs est un moyen de souder les groupes classes voire la SEGPA au complet. Ici, bon nombre de projets sont issus de mon blog personnel.

La fresque Barry McGee :

Ce projet vient de mon amour pour les couleurs. J’ai alors cherché un artiste qui pouvait correspondre à la réalisation de grandes fresques de couleurs. Barry McGee est un artiste américain qui mélange couleur et … géométrie. J’ai donc réalisé des modèles de dessins géométriques afin de faire la base de la fresque. Une fois réalisé par les élèves et colorié avec des couleurs vives, j’assemble les dessins entreeux afin de réaliser une grande fresque. Le résultat d’ensemble est assez satisfaisant, mais les dessins peuvent être assez complexes à réaliser si les bases de géométrie ne sont atteintes. Cependant, le rendu permet d’unir l’ensemble des dessins et de former une véritable fresque. Ce projet collaboratif est réalisable dès le CE2. L’avantage est que chaque élève peut faire plusieurs dessins afin d’agrandir la fresque et je me suis vu avec des élèves faisant des dessins chez eux pour faire grandir la fresque.

Le pointillisme :

Voici un travail collaboratif issu du blog de La classe de Mallory. Le but de ce travail est de réaliser une œuvre collective sur une technique particulière qu’est le pointillisme. Après avoir vu différents tableaux pointillistes, je donne une partie du tableau de Georges Seurat à chaque élève afin qu’il puisse le reproduire avec des points et seulement des points. Le tableau qui est « Un dimanche après-midi sur l’île de la grande jatte » est projeté au tableau.  Il existe en version 9 ou 16 feuilles ce qui vous permet de faire des groupes pour détailler votre classe.

Ce travail requiert beaucoup, mais vraiment beaucoup de patience et il est donc intéressant à utiliser en classe. Attention à ce que les élèves ne fassent bien que des points et n’essayent pas de ruser en faisant glisser le feutre par endroit.

Le Pixel-art :

Voici le projet dont je suis le plus fier à titre personnel. Il s'agit d'un travail sur le pixel art en format XXL avec des post-its. N'ayant pas une grande classe, le format ne sera pas celui d'un post-it, mais celui d'un quart de post-it. Il a donc fallu les découper afin d'obtenir 4 morceaux sur un post-it. Avant cette étape, il a fallu choisir les couleurs, mais aussi les motifs que nous allions réaliser. Nous avons d'abord réalisé les dessins sur feuilles à carreaux afin de compter le nombre de post-its dont nous avions besoin ainsi que de répertorier les couleurs qui allaient nous être utiles.

Une fois cette étape réalisée, ainsi que la découpe des post-its, nous avons pu entamer nos fresques. Les élèves avaient choisi des modèles de tailles variables, mais travaillaient toujours en groupe. Pour les couleurs dont nous n'avions pas de post-it, il a fallu ruser en utilisant un fond de couleur différent ou bien en découpant des feuilles de la couleur voulue.

Il faut bien se rendre compte de la difficulté du travail. C'est un travail collaboratif, il faut rester droit dans la pose des post-its, être rigoureux dans le comptage, mais aussi avoir un sens aigu du calme et de la concentration.

Ce travail de longue haleine met vraiment en valeur les élèves qui peuvent exposer un peu partout leurs œuvres dans le collège et ainsi montrer ce que l’on fait en arts en SEGPA.

Les fleurs de présentation :

Ce projet a été mené en début d'année scolaire avec l'ensemble des élèves de la SEGPA. Le principe est simple. Il faut se décrire avec des adjectifs ou des mots qui correspondent à nos loisirs, nos caractères, etc. Pour cela, j'ai choisi le format de la fleur et de ces pétales. Sur le bouton central, j'ai noté mon nom et sur les pétales de différentes couleurs des mots me représentant. J’ai présenté ce modèle aux élèves puis j’ai laissé mes élèves choisir leurs mots et prendre 5 à 8 pétales. Je fais bien attention à utiliser différentes couleurs afin de réaliser une belle fresque. Une fois que l'élève a terminé sa fleur, j'assemble le tout et je vais l'accrocher autour de la mienne. Au final, cela va donner une grande fresque avec l'ensemble des élèves de la SEGPA. Les élèves ont passé beaucoup de temps à observer la fresque afin de découvrir leurs camarades et amis. Ce fut un projet super enrichissant que jereproduirai à l'avenir à chaque début d'année scolaire.

4. Les détournements


Dernière partie de cet article, un projet qui se décompose sous plusieurs formes et dont je vais vous proposer deux façons de faire parmi tant d’autres. Ce projet peut se faire sur une période complète.

Les objets :

Ce projet est très simple à mettre en place en classe. Il nécessite peu de préparation et permet de réaliser des œuvres de manière rapide. L'objectif du projet est simple : prendre un objet et le détourner de son utilisation principale avec un dessin autour.

Pour cela, j’utilise des œuvres de Javier Pérez et de Hyemi Jeong afin d’expliciter ma demande aux élèves. L'objectif est de montrer qu'il ne faut pas forcément avoir un grand talent de dessinateur, mais plutôt beaucoup d'imagination.

Après le visionnage des différentes œuvres, deux choix s'offrent à vous :

  • Demander aux élèves de réfléchir et de ramener leur objet pour une autre séance.
  • Dire aux élèves de prendre un objet dans la classe ou en leur possession et démarrer.

Il est à noter qu'il faut prendre en photo les dessins par la suite afin de pouvoir les exposer, car ce sont des œuvres éphémères. Ce travail est assez ludique et il est réalisable avec l’ensemble des niveaux de classe.

Le tableau de Munch : Le cri :

Voici le dernier projet que je vous présente. Il s'agit d'une séquence sur le détournement d'un tableau en l’occurrence celui de Munch : Le Cri. Pour détourner ce tableau, j'utilise les pastels secs qui ont l'avantage de s'étaler légèrement et donc de reproduire les effets du tableau. Avant de laisser faire les élèves, nous étudions le tableau et identifions les différentes parties du tableau.

Pour ce détournement, les élèves ont deux obligations : 1 - reproduire le tableau dans son ensemble (couleurs comprises)... 2 - sauf le personnage que les élèves doivent changer.

Après avoir vu tout cela, les élèves ont entre 2 et 3 heures pour détourner le tableau. Je leur laisse le choix des outils bien que j'insiste sur les pastels secs. Je laisse aussi le choix du format et c'est le format A4 qui est quasiment pris par tous et toutes. Ce projet permet d’amorcer la dynamique des détournements et est aussi rassurant pour les élèves, car ils partent d’un dessin déjà réalisé et ne doivent changer qu’une petite partie en plus de la reproduction du tableau.

Vous trouverez aussi sur mon blog de nombreux ateliers utiles pour le cycle 3.

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