Faire parler les professeurs des écoles de leurs pratiques éducatives tient de la gageure.
Leurs propos sont volontairement neutres parce qu’il y a la crainte du jugement et parce que leur classe est un espace à la fois public et intime.
Pourtant, actuellement, un terme revient dans les médias et sur les forums : innovation. Et les conseillers académiques chargés d’accompagner les enseignants innovants ne semblent jamais avoir été aussi présents sur le terrain…

Voici comment Florence, enseignante depuis plus de 15 ans, voit les choses :

« Quand on innove, quand on expérimente de nouveaux outils et dispositifs d’apprentissage dans sa classe, on a peur. On ne sait pas si les élèves vont adhérer, si l’outil est pertinent, s’il aura un impact sur l’acquisition des savoirs ou la vie de la classe… Ensuite, on passe toujours pour l’ahurie de service auprès de ses collègues, celle qui ne fait pas comme les autres et qui les oblige à bouger. ’’Toi, tu fais des choses ; nous, on ne fait rien et les parents nous le reprochent’’. On a parfois l’impression de vivre dans un monde différent. »
« On peut être ou non soutenue par son inspecteur, et de manière plus ou moins offi cielle. J’ai été accompagnée à plusieurs reprises mais je reste persuadée que c’est grâce à un parent d’élève qui travaille à l’inspection académique et qui a parlé de mes projets à qui de droit… Néanmoins, on perçoit depuis environ un an une évolution des mentalités : les inspecteurs semblent plus réceptifs à la nouveauté et aux expérimentations. On n’hésite plus à m’envoyer des collègues pour que je les conseille ou que je leur montre ma manière de travailler sur tel ou tel domaine. C’est bien car je partage et j’échange, mais cela s’ajoute à mes autres missions et aux temps que je passe déjà à imaginer et à concevoir des outils,  séquences et dispositifs… »

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