Baisse démographique scolaire : le ministère de l'Éducation nationale lance des expérimentations dans 18 départements
Face à la baisse démographique qui touche progressivement le système éducatif français, le ministère de l'Éducation nationale (MEN) a lancé une série de quatre ateliers prospectifs pour anticiper la diminution des effectifs scolaires dans les dix années à venir. Selon les projections de la DEPP, la France compterait près de 1,7 million d'élèves en moins d'ici 2035, soit une baisse de 14,2 % de la population scolaire.
Quatre ateliers pour anticiper la baisse des effectifs scolaires
Le premier atelier s'est tenu le 21 avril 2026. Centré sur les effectifs d'élèves, il a ouvert une réflexion de fond sur l'évolution démographique à venir. Les trois ateliers suivants porteront respectivement sur :
- la démographie des personnels enseignants ;
- les conséquences pédagogiques de la baisse des effectifs ;
- une approche pluriannuelle des moyens alloués aux établissements.
Pour aller plus loin, le ministère a également publié des projections d'effectifs d'élèves à l'horizon 2035, département par département, une première historique qui permet à chaque territoire de visualiser l'ampleur des évolutions à venir.
Une nouvelle logique budgétaire fondée sur les besoins locaux
Le ministre Édouard Geffray souhaite inverser la logique budgétaire habituelle : plutôt que d'allouer des moyens puis d'adapter l'offre scolaire, il s'agit de partir des besoins locaux — effectifs, transports, contexte territorial — pour définir ensuite les ressources éducatives nécessaires. Les acteurs locaux seront ainsi chargés d'élaborer une carte scolaire cohérente, qui servira de base à la construction budgétaire. Pour en savoir plus sur les orientations du ministre, consultez le détail de ses annonces sur la carte scolaire.
18 départements pilotes dans 17 académies
Cette méthode expérimentale sera testée dans 18 départements issus de 17 académies : l'Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d'Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l'Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique. Le communiqué officiel du ministère détaille les critères de sélection de ces territoires, choisis pour leur représentativité des différentes réalités démographiques et territoriales françaises.
La position des syndicats : favorables, mais vigilants
Les syndicats accueillent globalement favorablement la démarche, tout en formulant des exigences précises :
- des procédures claires et transparentes (SE-Unsa) ;
- des objectifs communs sur le taux d'encadrement des élèves (CFDT EFRP) ;
- une réflexion élargie intégrant les AESH, la mixité sociale et les conditions de travail.
Ils alertent également sur un risque majeur : que la logique budgétaire finisse par prendre le dessus sur les besoins réels des élèves et des équipes pédagogiques.
