Outils pédagogiques

Bonnes feuilles : la numération de 0 à 10 – 120 ateliers-jeux

Bonnes feuilles : la numération de 0 à 10 – 120 ateliers-jeux

Conçu par 2 enseignantes[1], « La numération de 0 à 10 » s’inspire du meilleur des pédagogies (Montessori, Singapour…). Un ouvrage coloré et joliment illustré qui utilise des outils variés (arbres, barres…) au service de la numération, de la résolution de problèmes et du calcul mental pour faciliter la liaison GS-CP. Véronique Le Clech, co-autrice, nous en dit un peu plus…

 

Comment est né ce projet ?

C’est là que c’est drôle : je demandais à changer de poste pour arriver en REP en GS ou CP dédoublé et pensais vraiment l’avoir ! Comme à mon habitude, j’anticipe ++ et recommence à créer mes math depuis le début, ayant l’optique d’une nouvelle vision dès la maternelle : introduire plus tôt les concepts et outils pour éviter l’empilement de connaissances en CP, introduire plus tôt le goût de chercher, en manipulant et de manière ludique…pour lutter et inverser la tendance « nouvelle génération zappeuse sans goût de l’effort ». Et je n’obtiens pas le poste !!

Céline ayant vu le travail préparatoire me dit alors que c’est trop bête de perdre ce travail et que je devrais le proposer à l’édition, ce que je fis grâce à toi. La réponse positive en deux jours nous a pris au dépourvu !! Il fallait tout créer en peu de temps ce qui avait été pensé !! Heureusement, j’ai pu compter sur Céline et Valentine[2] !!

 

Vous vous êtes concentrées sur les nombres de 0 à 10…

Oui car tout comme le B-A BA en lecture, tant qu’on n’offre pas explicitement les outils mathématiques, on n’arrive pas à faire pratiquer avec « fluidité ». Et pourtant, il existe peu ou pas de B-A-BA mathématique, notamment dès la MS ou GS.

 

Comment définir ces bases nécessaires à l’entrée en CP ?

 C’est maîtriser tous les concepts (estimer des quantités, les visualiser, les comprendre physiquement). C’est aussi dénombrer, ordonner, comparer, calculer, poser le sens des opérations… Enfin, c’est offrir un maximum d’outils de représentation (droite, frise, boite, arbres, …) et faire le lien entre eux. C’est un peu comme les liaisons entre les atomes !! Si on veut une unité cohérente, il faut faire le jour sur ces liens qui s’imbriquent !

 

S’agit-il d’une méthode ?

Non, ce sont des entrées multiples, qui complèteront des méthodes, et donneront des pistes, des envies. Notre proposition doit pouvoir s’adapter à toute pédagogie. Mais c’est également une invitation à travailler différemment, en ateliers autonomes. On n’a plus d’excuses car on fournit le matériel clé en main… Je dirais aussi que c’est un zoom sur les temps d’apprentissage collectifs.

 

D’ailleurs, le concept d’atelier permet à l’enseignement des mathématiques de déborder du simple cadre de l’atelier dirigé…

A interroger les pratiques des collègues, nous nous sommes rendues compte que les temps mathématiques avaient très peu de place en collectif. Ils sont effectivement plutôt pratiqués lors d’ateliers dirigés. Or ces temps d’ateliers dirigés ne permettent pas la répétition nécessaire pour les plus fragiles. Ils ne permettent pas non plus les temps d’essais, de manipulation, d’explicitations étirées. Nous avons donc voulu expliciter ces temps de rituels pour qu’ils soient intégrés aux pratiques.

 

Vous attachez un vrai souci quant au matériel utilisé…

La mise en avant de matériel ou outils pertinents était intéressante : notamment les boites de Fischer[3] ou encore les Numicon[4], peu ou pas connus en France. Ce dernier matériel, est pourtant très simple, intuitif, visuel, concret et manipulable. Il est coloré et particulièrement prisé des élèves. Il permet notamment de jouer avec tous les concepts cités précédemment.

L’idée reste que tous les outils avancés dans ce projet deviennent presque intuitifs sur une 1ère numération de 0 à 10 pour être utilisés ensuite sans difficulté sur une numération plus avancée. Ils permettent également de poser des bases de réflexion : chacun nourrit une batterie de situations problème ! Je dis souvent à mes élèves : « Il faut bien apprendre à faire tourner vos petites méninges !! »

 

Concrètement, comment l’utiliser en classe ?

Des petites boites avec les ateliers sont mises en libre-service. Elles sont rangées par thèmes (qui correspondent aux 20 chapitres). La fiche de suivi est collée dans un petit cahier qui suit l’enfant toute la journée. On y tamponne les ateliers réussis où je marque d’une petite croix lorsqu’il est tenté mais non réussi. Je reprends ensuite avec l’élève, lui ré-explique. Son challenge est de le refaire dans les jours qui suivent ou de continuer à s’entraîner avec le matériel à disposition.  Ce matériel pour faire office de différenciation, reste disponible dès que nécessaire. On peut également choisir de rendre les ateliers auto-correctifs en marquant la solution au dos. Lorsque tout un chapitre est validé, mon élève obtient un auto-collant « étoile » collé en haut de la page. 2 à 4 chapitres peuvent menés de front : cela permet également d’avoir un nombre plus conséquent d’ateliers dans la classe.

 

La Classe, collection Pépites de blog, 35 € (guide du maître + ressources numériques sur CD-Rom)

 

 

[1] Véronique Le Clech (alias Nurvero) et Céline Ménoret sont toutes 2 professeurs des écoles.

[2] Valentine Hurtrelle, illustratrice, publie notamment des dessins pour Yoga Magazine, La petite fabrique et La Classe.

[3] Les boites de Fischer sont aussi appelées « boites de Singapour ».

[4] Pour en savoir plus sur le Numicon, un article intéressant à consulter ici : http://goupil.eklablog.fr/a-la-recherche-des-plaquettes-herbiniere-a125292620

 

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