Le petit-déjeuner généralisé

Le petit-déjeuner généralisé

Depuis la rentrée, 100 000 élèves de quartiers défavorisés bénéficient de petits déjeuners offerts. Sont concernées les écoles en zone REP, REP+, quartiers politiques de la ville, et certaines zones rurales. L’information, communiquée en avril 2019 par le ministère, avait provoqué de nombreuses réactions sur notre page Facebook...

Une majorité des commentaires interrogeait le rôle de l’école dans cette initiative, renvoyant la responsabilité du petit-déjeuner aux parents. « Il faudrait peut-être que les parents jouent leur rôle, tout simplement! » « On ne fait qu’assister encore un peu plus ces familles ! Et ce n’est pas un problème d’argent... on ne doit pas se substituer aux parents ! »

Sur quel temps ?

Le temps accordé à cette mesure, au détriment des apprentissages, fait aussi débat. « On supprime quelles matières à la place ? », interroge une lectrice. « Au lieu de faire lecture, tu fais tartine. C’est pas compliqué, non ? », renchérit une autre avec humour. « J’ai le droit de dire en inspection “j’suis en retard dans telle matière à cause du temps p’tit déj” ? Vous croyez que l’IEN sera OK ? Pff... »

Inégalités ?

La question de l’égalité des chances a aussi été évoquée... « Il y a des écoles de campagne avec des populations très défavorisées qui restent sur la touche, exactement comme le dispositif des classes de CP à 12 ! Dans les campagnes, les collègues ont parfois des doubles, voire triples niveaux avec des effectifs incroyables ! Et on nous parle d’égalité ! Ces dispositifs devraient être pour TOUS les élèves ! » s’indigne-t-on. « On n’a pas tous les mêmes moyens. Soit on donne à tous, soit on ne donne pas », lit-on ailleurs. « Le rôle de l’école n’est-il pas de diminuer les inégalités sociales ? Y a pas de bonnes réponses », synthétise une lectrice.

L’arbre qui cache la forêt

Pour d’autres, les problèmes sont bien plus larges, et ne sont pas qu’une question de moyens financiers. « Les soins dentaires sont gratuits pour les moins de 6 ans, pourtant l’année dernière mon record était de 19 caries pour un élève de 5 ans. Même le dentiste n’en revenait pas. Je ne parle pas non plus des enfants qui ont la teigne (maladie qui se soigne), mais que les parents n’envoient pas chez le médecin. Et pourtant, les soins médicaux sont gratuits. »

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