À PART ÇA…
MA VIE D’INSTIT
par Florent Denéchère
LA CLASSE • N° 311 • 09/2020 •
121
Pourquoi avez-vous fait le choix de
conserver des classes hétérogènes ?
Est-ce qu’il n’aurait pas été plus simple
de faire des classes de niveau ?
Nous ne sommes pas encore vraiment en classe
flexible, nous sommes en cours de changement, de
réflexions, nous mettons des choses en place petit
à petit. Nous faisons aussi le tri dans ce qui nous
plaît ou non comme fonctionnement, selon nos
élèves. En résumé, on s’adapte ! Les classes
hétérogènes étaient une évidence pour
nous. Il faut qu’il y ait une dynamique de
classe où chaque élève, quel que soit son
niveau, puisse trouver sa place, ses repères,
et surtout puisse s’aider de ce que les autres
peuvent lui apporter (tutorat, par exemple).
La classe flexible, ce n’est pas
seulement un aménagement des
espaces alors ? C’est aussi une
autre pédagogie ?
L’aménagement est au cœur de la réflexion
sur la classe flexible, mais c’est aussi toute une organi-
sation pratique avec des ateliers, des plans de travail,
etc. C’est une longue réflexion et toute une organi-
sation à mettre en place. Cela demande du temps
et une appropriation de la pratique pour se sentir
vraiment à l’aise dans sa classe tout en répondant
au plus près aux besoins des enfants.
◗
>
Retrouvez l’interview intégrale d’Anaïs sur
www.laclasse.frLes hasards du mouvement ont conduit
Anaïs
, enseignante en Seine-
Maritime depuis 7 ans, à exercer en réseau d’éducation prioritaire.
Pour sa deuxième année en tant que titulaire dans une classe de CE1
dédoublé, elle a décidé de s’inspirer des principes de la classe flexible…
Tu as travaillé précédemment en ASH
dans un établissement spécialisé. Tu as
aussi été brigade. Mais, malgré tout, ce
poste représente ta première expérience
en REP. Quel regard y portes-tu ?
Ce qui me paraît le plus important, et ce qui change,
c’est l’esprit d’équipe entre enseignants. Contrai-
rement aux écoles isolées, on essaye d’aller tous
plus ou moins dans la même direction : on échange
beaucoup sur nos élèves, sur leurs
difficultés. On fait bloc. Et on se
heurte, non seulement à des diffi-
cultés d’apprentissage, mais aussi
à des difficultés sociales.
Comment as-tu géré
les effectifs de la classe,
constitué les groupes,
organisé les espaces ?
Nous sommes deux collègues de
CE1 dédoublés dans l’école. Nous
avons constitué deux classes hété-
rogènes. Mais nous décloisonnons beaucoup pour
pouvoir travailler des difficultés particulières avec des
petits groupes d’élèves. Nous essayons de tendre vers
une organisation de classe flexible en proposant des
ateliers, en responsabilisant nos élèves. Tout cela nous
a demandé une réflexion sur l’espace : coin lecture,
coin regroupement, tables en U face au tableau,
tables de travail autonome, etc.
« Nous travaillons à une organisation
de classe flexible »
© C. Moreau




