Table of Contents Table of Contents
Previous Page  115 / 124 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 115 / 124 Next Page
Page Background

LA CLASSE • N° 311 • 09/2020 •

115

pas avoir pris suffisamment de précautions »

,

raconte Nathalie, enseignante en CM2.

« Ils ne s’imaginent pas la pression qu’on s’est

mise pour que toutes les précautions soient

prises »,

ajoute-t-elle.

DISTANCIEL, PRÉSENTIEL :

À CHAQUE ÉCOLE SON

ORGANISATION

Un stress qui s’est ajouté à celui de la pré-

paration pédagogique, comme l’explique

Pierre, enseignant en CP :

« Pendant toutes

les vacances de Pâques, on a été dans le flou

complet, personne n’était capable de nous

dire si on allait reprendre ou pas, et pendant

combien de temps. Avec les autres ensei-

gnants de l’école, on a énormément réfléchi

à la mise en place de différents scénarios en

attendant les annonces du gouvernement.

En peu de temps, on a dû repenser complète-

ment l’organisation pédagogique pour pouvoir

répondre aux exigences sanitaires. Avec mes

collègues, on a mis 15 heures pour imaginer

un planning et la répartition des élèves ! Il a

fallu établir la liste des élèves prioritaires et

ceux qui souhaitaient revenir à plein temps

ou à mi-temps. Il y a eu beaucoup de ques-

tionnements et de doute au sein de l’équipe.

Pour beaucoup d’entre nous, cette période a

été très stressante et anxiogène. »

Pour Isabelle, la question de la réparti-

tion entre l’enseignement en présentiel

et en distanciel a également soulevé de

nombreuses interrogations :

« Quand on

a repris, j’ai été furieuse d’apprendre qu’on

allait devoir faire les deux à la fois ! Quand

on sait le temps que demande la préparation

des cours donnés en distanciel, je me suis dit

que je ne tiendrais jamais le rythme ! Trouver

les bons supports, des activités adaptées au

niveau des élèves et assez variées pour capter

leur attention, c’est très chronophage, surtout

quand on a commencé à travailler de cette

manière à peine quelques semaines avant ! »

Pour Pierre, cette question de répartition

entre présentiel et distanciel a également

posé problème :

« La conseillère pédago-

gique nous a demandé de reprendre à 100 %

en présentiel et d’alléger notre distanciel.

C’est très lourd, comme organisation. En fait,

on nous a demandé de mettre en place une

organisationmais sans vraiment tenir compte

de la réalité du terrain. L’inspection nous a

dit “débrouillez-vous !”. Dans mon équipe,

j’ai été le seul à faire moitié-moitié, tous les

autres ont repris leur classe à 75 %. Pour

moi, c’était trop, mon objectif était d’aller

jusqu’au 3 juillet. Je n’avais pas envie de finir

cette année complètement épuisé. »

FAIRE CLASSE AUTREMENT

Dans son école comme dans d’autres, la

question du manque de personnel s’est

aussi posée. Certains enseignants entrant

dans la catégorie des personnes à risque

n’ont pas réintégré leurs classes. Cette

situation a parfois compliqué l’accueil des

élèves, comme l’explique Nathalie :

« On

avait 6 enseignants en moins dans l’équipe,

dont 2 pour garde d’enfants, donc forcément

il a fallu faire des choix et nous adapter à une

situation pédagogique qu’on n’avait encore

jamais connue »

.

« Les parents

ne s’imaginent

pas la pression

qu’on s’est mise

pour que toutes

les précautions

soient prises. »

Tous les élèves n’ont pas pu être accueillis.

© Rectorat de Toulouse