LA CLASSE • N° 311 • 09/2020 •
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pas avoir pris suffisamment de précautions »
,
raconte Nathalie, enseignante en CM2.
« Ils ne s’imaginent pas la pression qu’on s’est
mise pour que toutes les précautions soient
prises »,
ajoute-t-elle.
DISTANCIEL, PRÉSENTIEL :
À CHAQUE ÉCOLE SON
ORGANISATION
Un stress qui s’est ajouté à celui de la pré-
paration pédagogique, comme l’explique
Pierre, enseignant en CP :
« Pendant toutes
les vacances de Pâques, on a été dans le flou
complet, personne n’était capable de nous
dire si on allait reprendre ou pas, et pendant
combien de temps. Avec les autres ensei-
gnants de l’école, on a énormément réfléchi
à la mise en place de différents scénarios en
attendant les annonces du gouvernement.
En peu de temps, on a dû repenser complète-
ment l’organisation pédagogique pour pouvoir
répondre aux exigences sanitaires. Avec mes
collègues, on a mis 15 heures pour imaginer
un planning et la répartition des élèves ! Il a
fallu établir la liste des élèves prioritaires et
ceux qui souhaitaient revenir à plein temps
ou à mi-temps. Il y a eu beaucoup de ques-
tionnements et de doute au sein de l’équipe.
Pour beaucoup d’entre nous, cette période a
été très stressante et anxiogène. »
Pour Isabelle, la question de la réparti-
tion entre l’enseignement en présentiel
et en distanciel a également soulevé de
nombreuses interrogations :
« Quand on
a repris, j’ai été furieuse d’apprendre qu’on
allait devoir faire les deux à la fois ! Quand
on sait le temps que demande la préparation
des cours donnés en distanciel, je me suis dit
que je ne tiendrais jamais le rythme ! Trouver
les bons supports, des activités adaptées au
niveau des élèves et assez variées pour capter
leur attention, c’est très chronophage, surtout
quand on a commencé à travailler de cette
manière à peine quelques semaines avant ! »
Pour Pierre, cette question de répartition
entre présentiel et distanciel a également
posé problème :
« La conseillère pédago-
gique nous a demandé de reprendre à 100 %
en présentiel et d’alléger notre distanciel.
C’est très lourd, comme organisation. En fait,
on nous a demandé de mettre en place une
organisationmais sans vraiment tenir compte
de la réalité du terrain. L’inspection nous a
dit “débrouillez-vous !”. Dans mon équipe,
j’ai été le seul à faire moitié-moitié, tous les
autres ont repris leur classe à 75 %. Pour
moi, c’était trop, mon objectif était d’aller
jusqu’au 3 juillet. Je n’avais pas envie de finir
cette année complètement épuisé. »
FAIRE CLASSE AUTREMENT
Dans son école comme dans d’autres, la
question du manque de personnel s’est
aussi posée. Certains enseignants entrant
dans la catégorie des personnes à risque
n’ont pas réintégré leurs classes. Cette
situation a parfois compliqué l’accueil des
élèves, comme l’explique Nathalie :
« On
avait 6 enseignants en moins dans l’équipe,
dont 2 pour garde d’enfants, donc forcément
il a fallu faire des choix et nous adapter à une
situation pédagogique qu’on n’avait encore
jamais connue »
.
« Les parents
ne s’imaginent
pas la pression
qu’on s’est mise
pour que toutes
les précautions
soient prises. »
Tous les élèves n’ont pas pu être accueillis.
© Rectorat de Toulouse




