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• LA CLASSE • N° 311 • 09/2020

HUMEURS

Professeur d’école

en Normandie, Sylvain

Grandserre est l’auteur

de plusieurs livres, dont

un qui a reçu le prix

Louis-Cros de l’Académie

des Sciences morales

et politiques.

Il a également participé

à plus de 300 émissions

radiotélévisées, où il a

défendu avec panache

l’image de la profession.

Pour

La Classe

, il a

accepté de tenir ce carnet

mensuel, où il témoigne

de son quotidien d’instit

et nous fait part de

ses réflexions toujours

pertinentes sur le métier.

LES CARNETS

DE MAÎTRE

GRANDSERRE

par Sylvain Grandserre

PRÊTS À (EN)

REPRENDRE ?

Prêt à reprendre ? Oui, bien sûr. Mais pas à s’en reprendre

plein la tête, les dents ou la figure. Rarement une année

scolaire aura été aussi éprouvante que celle passée. Mais

voilà qui peut indiquer le chemin à suivre, en prenant le sens

exactement opposé ! Retour sur quatre événements drama-

tiques, de nature différente certes, mais dont l’imbrication

laisse entrevoir une détestable cohérence.

Il est mort le soleil…

Dernier week-end d’été. Pantin. Christine Renon, directrice

d’école, se donne la mort sur son lieu de travail en envoyant

une lettre exprimant toute sa souffrance professionnelle. Pas

de quoi émouvoir le ministre Blanquer pour qui « 

il n’y a

pas plus de suicides dans l’Éducation nationale que dans

la société française

 ». Comparaison déplacée mais révéla-

trice de notre réelle considération. Pourtant, nos directeurs

et directrices ont plus que jamais besoin de temps, d’aide

humaine et de reconnaissance pécuniaire. En faire des petits

chefs, sortes d’inspecteurs de proximité, n’apporterait rien

sinon toujours plus de tensions. Voilà bien le choix entre des

directions au service de l’école ou uniquement aux ordres

de la hiérarchie.

Désordre fumeux

L’automne démarrait à peine qu’un autre drame survenait :

l’incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen. 9500 tonnes

de produits toxiques parties en fumée. Si certaines écoles

furent maintenues fermées ce jour-là, il n’en a rien été

pour celles plus éloignées ou limitrophes. Pour nous, une

journée entière de total flottement, à courir en vain après

des informations. Fallait-il renvoyer les élèves chez eux ? Les

confiner ? Rappeler les parents ? Il nous fut même indiqué de

reprendre dès le lendemain, comme à l’accoutumée, tandis

que les troupeaux étaient mis à l’abri et les récoltes inter-

dites ! C’était bien la peine, depuis des années, de simuler

des attaques chimiques lors des exercices de PPMS

*

.

J’ai chopé la grève

Mais l’hiver n’allait pas mieux se passer. En effet, le pays allait

connaître son plus long mouvement de grève en raison d’une

énième réforme des retraites. Parmi les grands perdants,

les enseignants du premier degré qui ne connaissent ni