Portrait d’instit’ : jeune enseignante à Créteil

Plus de 700 kilomètres séparent Marseille de Créteil. C’est le long trajet qu’a effectué Marine, jeune enseignante, pour se lancer dans son métier. Comme d’autres collègues, elle a mis toutes ses chances de con côté et tenté le concours supplémentaire… avec succès !

Vous êtes T1 à Créteil. Comment se passe cette 1ère année ?
Cette année, après mon M2, j’ai eu un poste définitif en tant que Brigade sur Créteil. Par chance, j’ai atterri sur un poste à l’année en MS dans mon école d’EFS REP de l’année dernière et dans la même classe !  Cette 1ère année se passe à merveille ! Mes loulous sont adorables, l’école est géniale...  Mon seul regret, c’est de commencer à travailler à l’Education Nationale avec un masque... C’est triste de constater que les enfants n’ont pas accès aux expressions de nos visages. Et difficile d’enseigner les sons, les mots de langage etc...

Quel est votre ressenti jusque-là ?
Malgré tout, je tenais à souligner l’importance d’être passionnée dans ce métier. Je vois trop souvent des collègues attristés, ou mécontents, généralement en raison des conditions dans lesquelles on enseigne. C’est sûr que ce n’est pas évident, mais lorsque nous sommes animés intérieurement, tout est tout de suite plus facile. Est-ce parce que je débute ? C’est certain.  Mais j’ose espérer que si un jour ce n’est plus le cas, je ne serais plus là à enseigner. Nous sommes face à un public jeune. Nous sommes amenés à faire un peu de social, de psychologie et tellement d’autres choses ! Mais c’est aussi ça la beauté du métier : la diversité. Nous devons aussi soutenir les parents, les accompagner et leur donner confiance, surtout en ces temps ! Alors voilà mon ressenti : je suis vraiment heureuse d’être enfin enseignante (j’ai raté le concours à Marseille d’un point), et je trouve que la vie est assez complexe pour éviter de s’en rajouter. Je m’épanouis chaque jour passionnément, même si ça peut m’arriver de pleurer ou d’être contrariée. Nous sommes humains ! Les mots de la fin pour moi : Alchimie et Amour

Débarquer seule, de Marseille à Créteil, sans connaitre personne... Mine de rien, c'est en soit un challenge ! Pas trop compliqué d'être parachutée sur un territoire inconnu ? Comment avez-vous préparé votre arrivée sur place ?
Oui ça n’a pas été facile ! ^^ Mais en même temps... la détermination nous emmène loin. Le plus difficile à gérer c’est d’être loin de sa famille. Mais pour la vie sur place, je trouve que ça va. Sauf le temps qui est très gris ! Créteil est une ville vraiment superbe par rapport à ce qu’on peut en entendre dire ! Par contre, en termes de loyer, je trouve que c’est très très cher. J’ai attendu d’être affectée à mon école d’EFS mi-juillet, et j’ai ensuite cherché une colocation. Sauf que je travaillais l’été sur Marseille et je n’ai pas pu monter... Finalement j’ai trouvé une colocation à distance fin aout, 4 jours avant de m’installer ! Malgré mes recherches, ce n’’était pas évident car tout part très très vite. J’ai aussi croisé les doigts pour qu’on ne m’annule pas au dernier moment vu que je n’avais rien signé...Je devais signer et payer le jour de mon arrivée. J’ai eu la chance d’avoir mes parents en camping-car pour monter mes affaires et m’aider à m’installer (la colocation était meublée). Heureusement d’ailleurs ! Et puis ensuite il y a eu la pré-rentrée, la rentrée à la fac...etc. Tout s’est enchaîné assez rapidement !

Effectivement, il ne fallait pas avoir peur de se lancer ! Quelles ont été vos 1ères impressions par rapport à votre nouvelle académie ?
J’avais des a prioris sur l’académie : le manque de moyens, d’enseignants, les quartiers défavorisés, voir mal fréquentés, le manque d’aide... Et puis finalement, ma CPC était très disponible pour m’aider, la fac également, les profs étaient vraiment à l’écoute de nos situations... Les quartiers défavorisés sont finalement pas si mal fréquentés et je trouve que c’est même plus calme que Marseille !

Est-ce que vous avez ressenti une ambiance particulière au sein de votre promo ?
Nous étions 35 en classe, nous avions des cours assez riches, et le mémoire à rédiger. On était tous d’accord pour dire que cette année était chargée... Nous nous sommes sentis un peu seul au moment du confinement. Nous avons dû nous débrouiller mais bon dans l’ensemble je trouve qu’on s’en est tous plus ou moins bien sortis.

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