Portrait d'instit' : Audrey, enseignante en ULIS école

Portrait d'instit' : Audrey, enseignante en ULIS école

Enseignante en dispositif ULIS école, Audrey fait partie de ces nouveaux enseignants qui ont rapidement rejoint l'enseignement spécialisé. Exerçant dans l'enseignement sous contrat, elle nous expose son parcours débuté avec son master MEEF en poche...

Quel est ton parcours professionnel ?

Après le baccalauréat, j’ai fait une licence d’italien avec une option « préparation au concours de professeur des écoles ». J’ai ensuite fait un Master enseignement (Master MEEF) dans une université catholique et passé mon concours pour l’enseignement privé. J’ai obtenu ce dernier en 2013. Après de nombreux stages, je me suis ensuite tournée vers l’enseignement spécialisé et j’ai passé le CAPPEI pendant l’année scolaire 2017-2018.

Comment as-tu décidé de devenir prof des écoles ?

Ça a été d’abord un rêve de petite fille. Qui n’a pas joué à la « maîtresse » étant enfant ?! A huit ans, l’enseignante de CE2, que j’adorais, a allumé cette étincelle. Sa manière de travailler avec nous, sa pédagogie qui nous donnait envie d’apprendre, m’ont donné l’envie de « faire comme elle ». Cette envie, ce rêve d’enfant a continué à se construire dans mon esprit au fil des années. Mes stages réalisés au collège, au lycée puis à l’université ont confirmé ce choix professionnel. Je voulais transmettre des savoirs aux enfants mais pas seulement ! Pouvoir les aider à réussir, à montrer leurs talents, à avoir confiance en eux, à être de futurs adultes, tels ont été les mantras qui m’ont décidé à faire ce métier. Le choix de l’enseignement spécialisé s’est construit après plusieurs stages réalisés dans des dispositifs. Ce choix s’est confirmé lorsque j’ai enseigné en classe « ordinaire » et notamment en double-niveau, où j’ai pu ressentir la frustration de ne pas pouvoir plus accompagner certains élèves en difficulté, malgré la différenciation mise en place. C’est là que j’ai postulé pour l’ULIS école puis demandé à me former.

Comment se passe l'année en cours ?

J’accueille cette année 12 élèves dans le dispositif ULIS école. Ce sont des élèves du CP au CM2 qui ont des troubles des apprentissages et d’autres troubles des fonctions cognitives. Ils sont inclus dans leur classe d’âge et travaillent avec moi les matières où ils ont le plus de difficultés.

L’année se passe bien. Chaque élève a une classe dite « classe de référence » dans laquelle il suit certains apprentissages ainsi que les projets de classe. Le reste a lieu avec moi, en ULIS. Nous cherchons, dans l’école, à faire le plus de liens possibles entre la classe et l’ULIS afin que l’école inclusive soit plus efficiente.

Enseigner dans le privé, qu'est-ce que cela change pour toi ?

On reste avant tout des enseignants au service des élèves, comme dans le public ! Mais il y a quelques différences qu’il faut bien avoir en tête avant de faire son choix entre le privé et le public.

* Le concours ! C’est la première différence. Nous passons le même concours le même jour mais il faut choisir entre le CRPE privé et le CRPE public. On ne peut pas passer les deux en même temps.

* Le nombre de postes : il y a moins de postes dans l’enseignement privé sous contrat. Cependant, il est plus facile d’obtenir un poste proche de chez soi que dans l’enseignement public.

* Les écoles privées sous contrat d’association ont un caractère propre qu’il faut respecter. En pratique, cela signifie qu’il y a un temps de culture religieuse dans la classe chaque semaine ou chaque mois en fonction de l’organisation de l’école.

* Les formations : il est souvent plus simple dans le public d’accéder à des réunions ou des formations. Par exemple, pour les enseignants d’ULIS école, il y a des réunions académiques auxquelles, pour ma région, nous ne sommes pas convié(e)s.

* Les cotisations : elles sont plus importantes dans l’enseignement privé et donc, même si nous avons le même salaire brut que les enseignants du public, notre salaire net est inférieur à celui du public.

* La cohésion d’une équipe éducative dirigée par le chef d’établissement : dans le privé, le chef d’établissement a bien plus de pouvoirs que les directeurs du public, ce qui aide à la cohésion d’équipe et permet plus de facilité dans les démarches. Par exemple, lors d’un voyage scolaire avec nuitées, nous devons le notifier à l’Inspection sans pour autant attendre son aval, contrairement à une école publique.

Enseigner dans le privé n’a pas vraiment été une option pour moi mais plutôt une continuité puisque, tout au long de ma scolarité, j’ai été dans des établissements privés, hormis pour la licence d’italien. Dans ces établissements, je me suis toujours sentie en sécurité et en confiance, comme dans une seconde famille. Je suppose que dans les établissements publics ce sentiment peut également exister mais, ne l’ayant pas expérimenté, je ne peux pas donner mon avis sur ce point. Le privé représente également pour moi une transmission de valeurs, notamment religieuses, caractéristiques des écoles privées.

Tu as-tu lancé un blog... que t'apporte-t-il ?

Cherchant toujours à apprendre, à améliorer mes connaissances sur les besoins éducatifs particuliers, je vais à des conférences et continue les lectures pédagogiques, comme le font d’autres enseignant(e)s. Je partageais déjà mes comptes-rendus et découvertes avec mes collègues de travail mais j’ai souhaité les diffuser à un plus grand nombre d’enseignants, partant du principe que cela peut toujours aider, allumer quelques « étincelles ». Etant en dispositif spécialisé, je suis régulièrement amenée à adapter les contenus (manuels scolaires, documents d’autres enseignants en ligne…) pour qu’ils répondent aux besoins des élèves. Je pense que les partager peut aider tout nouvel enseignant qui aurait un poste spécialisé ou tout enseignant faisant de la différenciation pédagogique.

Ne souhaitant pas entreprendre cette aventure toute seule, j’ai lancé le blog avec une collègue et amie enseignante en CE2 qui avait également l’envie de partager son travail. Souvent, nous utilisons des ressources en ligne sur des sites très connus (Charivari, Lutin Bazar…) mais nous n’offrons rien en retour. Ce blog est aussi un moyen de les remercier en partageant notre propre travail.

Lancer un blog demande du temps mais il nous apporte de la motivation supplémentaire pour avancer dans notre travail quotidien et nous souhaitons qu’il puisse faire germer d’autres idées et démarches pédagogiques chez nos lecteurs afin d’enseigner autrement à l’école.

Une maîtresse à retrouver sur la toile :

Blog : www.lecoindesmaitresses.fr

Instagram : @lecoindesmaitresses

Facebook : https://www.facebook.com/lecoinDmaitresses

 

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