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Portrait d’instit’ : Alexandre, prof en maternelle

Alors qu’il se destinait aux métiers du droit, Alexandre a bifurqué en cours de route et tenté sa chance comme professeur contractuel, dans l’attente de pouvoir repasser le concours d’avocat. Bien lui en a pris, tant ce nouvel habit semble taillé pour lui ! Aujourd’hui, c’est en tant que titulaire qu’il nous raconte son parcours…

 

Comment vous êtes-vous lancés dans le métier d'enseignant ?

J'ai suivi des études de droit car je voulais être avocat au départ. Après avoir raté le concours d'avocat en 2014 et devant attendre un an avant de le repasser j'ai postulé à un emploi de professeur des écoles contractuel dans le Val-d'Oise. L'enseignement m'ayant toujours intéressé j'ai profité de l'occasion. Le métier m'a toujours plu malgré les conditions parfois difficiles (enseignement à Argenteuil, Sarcelles) et j'ai décidé de passer le concours de professeur des écoles pour devenir titulaire.

 

Pouvez-nous dire quelques mots sur cette expérience à Argenteuil ?

J'avais une classe de CE2 deux jours par semaine, une classe de MS une journée et par semaine et j'effectuais des remplacements sur la commune une autre journée par semaine. Ce fut une riche expérience ! Je n'ai eu le droit à aucune formation, juste la visite d'un conseiller pédagogique à deux reprises. J'ai été très pragmatique et très ouvert aux conseils de mes collègues. J'ai fait preuve de bonne volonté. Cela n'a toujours pas été facile mais j'ai toujours essayé de faire de mon mieux. Comme n'importe quel enseignant parfois ma séance ne fonctionnait pas, parfois elle fonctionnait très bien. J'apprenais de mes erreurs, j'ai très vite progressé, bien plus que durant l'année de formation à l'ESPE après le concours.

 

Après 4 années d'enseignement, est-ce que votre regard a changé par rapport à votre idée de départ sur le métier ?

Mon regard sur le métier a changé après 4 années d'enseignement, je me rends compte de la force mentale et physique qu'il faut avoir pour faire ce métier notamment avec les plus petits en maternelle. En effet la maternelle est un monde à part, un métier complètement différent par rapport à celui d'élémentaire.Enseigner en maternelle demande une attention de tous les instants. Les élèves vous sollicitent en permanence, il faut toujours être disponible pour eux. Cela fatigue mentalement et physiquement. Je dois dire que je dors bien le soir. 

 

Quelles différences avez-vous remarqué entre élémentaire et maternelle ?

Le métier n'est pas du tout le même. Un élève de trois ans en petite section n'a rien à voir avec un élève de onze ans en CM2. Il faut faire preuve d'une extrême patience. En maternelle l'enseignant dispose de beaucoup plus de libertés, la pression du programme est moins importante. Cette année avec ma classe j'ai travaillé sur le Petit Prince, la mythologie grecque, l'Egypte ancienne ... Mes élèves ont adoré !

 

Enfin, la maternelle est un niveau très spécifique, où les hommes sont d'ailleurs fortement sous-représentés. Pensez-vous que ce soit justifié ?

Les hommes sont très minoritaires, je suis le seul maitre de mon école. Je pense que la spécificité de l'âge des élèves n'intéresse pas les enseignants hommes, ils préfèrent enseigner à des élèves plus grands. Personnellement je me sens très à l'aise dans ce monde particulier, et je suis convaincu que dans ce monde de maitresses les élèves ont besoin d'avoir des repères masculins, le rapport maitre élève est différent de celui maitresse élève.

 

Question subsidiaire : qu'est-ce qu'un homme peut apporter dans l'enseignement en maternelle ?

Je ne sais pas ce qu'un homme peut apporter dans l'enseignement en maternelle hormis le fait de rappeler qu'il n'y a pas que des femmes dans leur univers. Ce que je sais c'est que j'apporte à mes élèves une certaine exigence et rigueur. Vous ne me verrez jamais dire à un élève qui tombe dans la cour "Oh mon petit chéri viens me voir", j'irai le rassurer, le réconforter mais de manière moins maternelle. 

 

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