Ma vie d'instit : « Dès que je suis en classe, je suis apaisé »

Ma vie d'instit : « Dès que je suis en classe, je suis apaisé »

Si, pour nombre d'enseignants, leur métier est une vocation première, certains collègues deviennent professeurs par la voie de la reconversion professionnelle. C'est le cas de Jérôme qui, après avoir travaillé une dizaine d'années dans le secteur bancaire, s'est présenté au concours d'enseignant. Il nous explique son choix !

Peux-tu présenter ton parcours ?

Pour ma septième année d'enseignement, on m'a confié une classe de CM1 en Rep à Fleury-Mérogis (91). Depuis mes débuts, je n'ai connu que cette école (hormis lors de mon année de stage). J'y suis heureux, cela se passe bien avec les élèves et les familles. J'ai exercé dans plusieurs classes, du CP au CM2. Au départ, je me projetais plutôt en maternelle ! Depuis 3 ans, j'ai une classe de CM1 et ce niveau me convient très bien, je me plais en Cycle 3 ! Avant de me reconvertir dans l'enseignement, j'ai évolué quelques années dans le secteur bancaire.

Quelles ont été les raisons de ce changement ?

Initialement, je me destinais à travailler dans le tourisme. Or, après les attentats de 2001, ce secteur a connu une forte crise. J'ai donc envoyé plusieurs CV, un peu partout, et j'ai décroché un emploi dans une banque. J'ai peu à peu gravi les échelons, on m'a fait confiance. À force de travail et de promotions internes, je pense avoir eu une première partie de carrière honorable. Cependant, avec le temps, je trouvais ce métier de plus en plus difficile et je n'étais pas vraiment heureux. Après 10 ans d'expérience, cela devint compliqué : un grand vide, une grande fatigue… Ce fut un mal pour un bien ! Pour envisager ma reconversion, j'ai cherché ce qui me rendait heureux dans la vie et je me suis rendu compte que j'aimais aider. Je me suis alors souvenu d'un job étudiant pour lequel j'étais animateur auprès d'enfants : à cette époque, ces derniers venaient facilement vers moi et je me sentais utile en leur présence… Le fait d'être père m'a confirmé que j'aimais vraiment le contact avec les enfants, que j'appréciais de pouvoir apporter, aider et transmettre. Alors un jour, j'ai décidé de franchir le pas, de quitter mon travail et d’intégrer l'Inspé pour devenir enseignant.

Au niveau de la charge de travail et de la pression, ces activités sont-elles profondément différentes ?

Je pense qu’il n'existe pas de métiers avec moins de pression que d'autres. C'est une question de tempérament. Dans mon ancien emploi, il y avait un gros stress quotidien, lié aux exigences commerciales, au bouclage des dossiers, à l'organisation du service clients… C'était très différent ! Au départ, devenir enseignant a été un vrai soulagement. Mais j'ai vite appris que la pression existe bel et bien à l'école aussi ! Toutefois, je la ressens plus comme venant de moi-même que de mon entourage professionnel. Il faut savoir anticiper, s'adapter à chaque élève… Finalement, cette pression est pour moi plus facilement supportable en classe que dans mon ancien emploi. Car les retours que je reçois de mes élèves et de leurs familles sont très gratifiants, c'est un vrai bonheur ! Quant à l'institution scolaire, même si elle nous demande beaucoup, même si on peut se sentir parfois incompris, ce n'est pas un problème car dès que je suis en classe, je suis apaisé. Le fait de réussir à aider les élèves est une dimension qui me fait oublier les côtés difficiles de ce métier !

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