Charivari : l'interview intégrale !

Charivari : l'interview intégrale !

Dans le numéro de février de La Classe, nous vous proposons d'entrer dans les coulisses d'un des blogs les plus courus par les enseignants : Charivari à l'école. Retrouvez ici l'intégralité de l'entretien avec Delphine, sympathique et dynamique auteure de cette adresse incontournable.

Crédit photo : Florian Belmonte

 

Peux tu nous raconter dans quelles circonstances tu as lancé ton blog ?

J’ai créé le blog en sortant de PE2. J’avais fait mon mémoire sur l’évaluation par les ceintures de compétences et une des conclusions de la soutenance, c’était "le dispositif est épatant mais lourd à mettre en place". Tout était à créer. Alors j’ai insisté sur l’idée de la mutualisation, et mes profs m’ont encouragée à mettre mon travail (sur les ceintures) en ligne. Tout a démarré comme cela.

Ensuite, petit à petit, j’ai commencé à mettre en ligne des petits outils que je créais pour ma classe : des outils de gestion de classe, comme la carte de « champion de copie » ou les premiers tests de ceintures.

 

Techniquement, c’est compliqué ?

C’est ça qui est magique : créer un blog, c’est à la portée d’un enfant de 8 ans (alors que j’aurais été parfaitement incapable de créer un site web, par exemple). Il y a des sites, comme Wordpress (ou, à l’époque, Eklablog) qui vous prennent par la main. Vous remplissez des champs avec le nom de votre blog, vous choisissez une mise en page (préformatée) qui vous plait et hop, en 3 clics, le blog est en ligne.

Mettre un article en ligne, c’est pareil. C’est aussi simple que d’envoyer un email.

 

La journée ou la semaine d’une blogueuse, c’est quoi ? Raconte nous comment tu t’organises pour nourrir ton blog ?

Alors… je ne m’organise pas du tout. Je ne m’impose aucun rythme de publication. Je garde « sous le coude » des documents que j’ai créés et qui me paraissent intéressants à partager, et, quand j’ai un peu de temps, je les publie, c’est tout.

Au début, j’ai mis plein de choses en ligne parce que j’avais des postes fractionnés. J’avais des maternelles le lundi, des CE le mardi, des Segpas le jeudi, des CM le vendredi (je n’exagère pas). J’ai navigué dans tous les niveaux (y compris le collège et le spécialisé), avec aucun budget (quand on n’est pas titulaire de la classe, on n’a pas de budget) donc j’ai dû me créer plein de choses toute seule. C’est là que j’ai beaucoup publié pour partager tout ce que je créais. Depuis 4 ans que j’ai ma classe à plein temps (et la direction de l’école en prime, sans décharge), je publie beaucoup moins. Je pense que je ne mets pas plus d’un ou 2 nouveau documents en ligne par mois. Mais mon blog « vit » tout seul.

J’essaie quand même de répondre aux questions que je reçois, quand je peux.

 

Qu’est-ce que ton blog a apporté à ta vie professionnelle ?

Après dix ans, je suis obligée de reconnaitre que mon blog a changé énormément de choses. J’ai rencontré (virtuellement puis « en vrai ») des collègues-blogueurs, des éditeurs, des auteurs. Tenir un blog me pousse à essayer d’ « être à la hauteur » des attentes de mes visiteurs : j’essaie de me tenir au courant, de me former, pour ne pas dire trop d’âneries.

Je reçois aussi pas mal de specimen. On me propose de tester des outils… Tout cela enrichit énormément ma classe (et mes collègues en profitent un petit peu).

Enfin, tout simplement, le premier enrichissement vient des échanges avec les collègues qui passent sur le net. Sur mon blog, quand ils commentent, interrogent, critiquent, cela pousse à s’améliorer (et se remettre en question aussi.)

 

Qu’est-ce que les blogs apportent comme nouveauté dans le travail des collègues enseignants ?

L’arrivée des blogs a complètement bouleversé notre pratique. Le Net, c’est comme une immense salle des maitres mondiale où chacun peut échanger, partager des idées, demander de l’aide, rendre service. Avant, en particulier dans les petites écoles, on était très isolés. Là, depuis 10-15 ans, on peut savoir comment les collègues abordent tel ou tel point du programme, ce qui a fonctionné, ce qui ne marche pas. On trouve des ressources toutes prêtes. Nos pratiques traversent les frontières ! J’ai découvert des dispositifs anglosaxons que je trouve épatants (le « chaque jour compte », les jeux du type « j’ai / qui a », les « 5 au quotidien »…) sur les blogs des collègues anglais ou américains.

 

Quel message pourrais-tu donner à un jeune enseignant qui se lance dans le métier ?

J’ai envie de lui dire de ne pas trop culpabiliser (malgré ce que disent les formateurs) à l’idée de prendre des choses clé-en-main ici ou là, en suivant un guide du maitre de A à Z ou en piochant sur un blog… tout en ayant à cœur de s’approprier petit à petit les disciplines et de se fabriquer peu à peu ses propres outils. Créer pour sa classe, inventer des manières d’enseigner telle ou telle discipline, c’est cela qui est exaltant. Ajuster sa pratique en développant ce qui fonctionne, en abandonnant ce qui ne nous convient pas, et voir ses élèves s’investir plus, apprendre mieux, prendre plus de plaisir à faire des efforts et finalement progresser, c’est vraiment ce qui nourrit ma passion d’enseigner.

http://www.charivarialecole.fr/

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