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Interrogé par l'AEF mardi 2 février, Jean-Michel Fourgous précise que le document comprendra 12 priorités et 70 mesures, une échelle de cinq niveaux d'appropriation des Tice par les enseignants, ainsi que des préconisations comme la création d'un laboratoire d'ingénierie pédagogique de demain. Il propose une sorte de plan sur trois ans avec une augmentation du niveau d'équipement et de la formation des enseignants.
AEF : Vous êtes sur le point de remettre votre rapport, quels sont les premiers enseignements ?
Jean-Michel Fourgous : En me confiant la rédaction de ce rapport, le Premier ministre a souhaité savoir comment passer de l'expérimentation à la généralisation des technologies de l'information dans l'éducation. Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée, nous avons rencontré les différents acteurs de l'éducation et un site web dédié a été ouvert (missionfourgous-tice.fr). Cela montre que les méthodes de concertation évoluent, puisque nous avons comptabilisé plus de 12.000 connexions et reçu des contributions très riches, argumentées, de grande qualité. C'est un débat qui passionne incontestablement. Le premier enseignement à tirer est que le climat est très positif, constructif, avec des enseignants qui ont pris des initiatives, d'ailleurs parfois en dehors de leur hiérarchie. Ils font preuve d'une réelle envie d'innover pédagogiquement.
Jean-Michel Fourgous : En me confiant la rédaction de ce rapport, le Premier ministre a souhaité savoir comment passer de l'expérimentation à la généralisation des technologies de l'information dans l'éducation. Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée, nous avons rencontré les différents acteurs de l'éducation et un site web dédié a été ouvert (missionfourgous-tice.fr). Cela montre que les méthodes de concertation évoluent, puisque nous avons comptabilisé plus de 12.000 connexions et reçu des contributions très riches, argumentées, de grande qualité. C'est un débat qui passionne incontestablement. Le premier enseignement à tirer est que le climat est très positif, constructif, avec des enseignants qui ont pris des initiatives, d'ailleurs parfois en dehors de leur hiérarchie. Ils font preuve d'une réelle envie d'innover pédagogiquement.
AEF : Comment se présente le rapport ?
Jean-Michel Fourgous : Nous avons synthétisé les échanges au travers de 12 priorités et 70 mesures qui seront présentées au Premier ministre et au ministre de l'Education nationale le 15 février prochain à Elancourt. Les observations montrent que des expériences d'envergure ont été conduites comme dans les Landes, mais nous avons également regardé ce qui se passe à l'étranger. Il existe des projets intéressants dans des pays comme la Finlande, la Grande-Bretagne, ou encore la Corée du Sud.
Jean-Michel Fourgous : Nous avons synthétisé les échanges au travers de 12 priorités et 70 mesures qui seront présentées au Premier ministre et au ministre de l'Education nationale le 15 février prochain à Elancourt. Les observations montrent que des expériences d'envergure ont été conduites comme dans les Landes, mais nous avons également regardé ce qui se passe à l'étranger. Il existe des projets intéressants dans des pays comme la Finlande, la Grande-Bretagne, ou encore la Corée du Sud.
AEF : Quels sont les constats dressés sur l'utilisation des Tice ?
Jean-Michel Fourgous : Les Tice accroissent la motivation des élèves, leur concentration, leur participation en classe. Ce sont des outils de lutte contre l'ennui à l'école, contre l'absentéisme, et au final contre l'échec scolaire. Dans les quartiers sensibles les Tice apparaissent particulièrement efficaces. Il s'agit d'un merveilleux outil de raccrochage pour ceux qui ont décroché du système éducatif. Les jeunes d'aujourd'hui appartiennent à la génération du numérique, les Tice leur redonnent du plaisir à aller à l'école. C'est particulièrement important au regard des sondages qui montrent que 80% à 90% des jeunes disent ne pas aimer l'école, et que seulement 26% des jeunes ont confiance dans l'avenir. On ne peut pas rester dans cette situation. Les Tice augmentent aussi la confiance en soi et l'impact pédagogique est très important. En les utilisant, l'enseignant passe du rôle d'acteur à celui de metteur en scène. L'élève devient acteur de sa formation, ce qui correspond à une transformation importante, il construit lui-même son parcours d'acquisition des connaissances. Il n'y a plus débat quant à l'effet positif des Tice sur les élèves.
Jean-Michel Fourgous : Les Tice accroissent la motivation des élèves, leur concentration, leur participation en classe. Ce sont des outils de lutte contre l'ennui à l'école, contre l'absentéisme, et au final contre l'échec scolaire. Dans les quartiers sensibles les Tice apparaissent particulièrement efficaces. Il s'agit d'un merveilleux outil de raccrochage pour ceux qui ont décroché du système éducatif. Les jeunes d'aujourd'hui appartiennent à la génération du numérique, les Tice leur redonnent du plaisir à aller à l'école. C'est particulièrement important au regard des sondages qui montrent que 80% à 90% des jeunes disent ne pas aimer l'école, et que seulement 26% des jeunes ont confiance dans l'avenir. On ne peut pas rester dans cette situation. Les Tice augmentent aussi la confiance en soi et l'impact pédagogique est très important. En les utilisant, l'enseignant passe du rôle d'acteur à celui de metteur en scène. L'élève devient acteur de sa formation, ce qui correspond à une transformation importante, il construit lui-même son parcours d'acquisition des connaissances. Il n'y a plus débat quant à l'effet positif des Tice sur les élèves.
AEF : Quelles conséquences pour les enseignants ?
Jean-Michel Fourgous : Pour les enseignants il est clair que les Tice les revalorisent car ils retrouvent par ce biais un rôle qu'ils n'auraient jamais dû perdre vis-à-vis des élèves, celui de référant de l'acquisition des connaissances. L'enseignant peut mieux communiquer avec les élèves, avec les parents, et surtout sortir de cet enseignement uniquement dispensé par l'écrit en intégrant le son et l'image, ce qui correspond à l'univers des jeunes. L'utilisation des Tice est donc une reconnaissance du monde des jeunes. J'ai rarement vu des innovations apportées au monde de l'éducation qui entraînent un impact pédagogique aussi fort. L'enseignant peut aussi retrouver une fierté d'enseigner, les outils numériques sont pour cela d'une grande aide puisqu'ils permettent notamment de véhiculer une image de modernité auprès des élèves et des parents.
Jean-Michel Fourgous : Pour les enseignants il est clair que les Tice les revalorisent car ils retrouvent par ce biais un rôle qu'ils n'auraient jamais dû perdre vis-à-vis des élèves, celui de référant de l'acquisition des connaissances. L'enseignant peut mieux communiquer avec les élèves, avec les parents, et surtout sortir de cet enseignement uniquement dispensé par l'écrit en intégrant le son et l'image, ce qui correspond à l'univers des jeunes. L'utilisation des Tice est donc une reconnaissance du monde des jeunes. J'ai rarement vu des innovations apportées au monde de l'éducation qui entraînent un impact pédagogique aussi fort. L'enseignant peut aussi retrouver une fierté d'enseigner, les outils numériques sont pour cela d'une grande aide puisqu'ils permettent notamment de véhiculer une image de modernité auprès des élèves et des parents.
AEF : Comment analysez-vous le niveau d'appropriation des Tice par les enseignants ?
Jean-Michel Fourgous : Nous [l'équipe ayant travaillé à la rédaction du rapport] avons établi une évaluation sur cinq niveaux. Il ne suffit pas d'avoir du beau matériel multimédia avec des iPods, des dispositifs de visioconférence, des tableaux blancs interactifs, etc., encore faut-il savoir l'utiliser en vu d'un impact pédagogique. Nous avons créé une grille d'appropriation du numérique qui va du niveau le plus élémentaire de prise en main à une pratique sur plusieurs années pour ceux qui savent utiliser les éléments du multimédia en travaillant en mode collaboratif, pour élaborer leur cours avec d'autres enseignants et créer leurs propres ressources. Un élément important est que l'enseignant peut individualiser son enseignement pour permettre à chaque élève d'apprendre à son rythme.
Jean-Michel Fourgous : Nous [l'équipe ayant travaillé à la rédaction du rapport] avons établi une évaluation sur cinq niveaux. Il ne suffit pas d'avoir du beau matériel multimédia avec des iPods, des dispositifs de visioconférence, des tableaux blancs interactifs, etc., encore faut-il savoir l'utiliser en vu d'un impact pédagogique. Nous avons créé une grille d'appropriation du numérique qui va du niveau le plus élémentaire de prise en main à une pratique sur plusieurs années pour ceux qui savent utiliser les éléments du multimédia en travaillant en mode collaboratif, pour élaborer leur cours avec d'autres enseignants et créer leurs propres ressources. Un élément important est que l'enseignant peut individualiser son enseignement pour permettre à chaque élève d'apprendre à son rythme.
AEF : Quelles peuvent être les conséquences de l'introduction des Tice sur le système éducatif ?
Jean-Michel Fourgous : Tout est impacté, qu'il s'agisse à moyen terme des examens, des programmes, des contenus avec les manuels scolaires pour lesquels je vois une quasi-disparition des manuels papiers d'ici trois à cinq ans, ou encore la formation initiale et continue de l'enseignant. D'un point de vue pédagogique, les Tice modifient la relation entre l'élève et l'enseignant car ce n'est plus le mode frontal d'enseignement qui domine mais on apprend à travailler davantage selon une approche par projets, ce qui n'est pas dans la culture initiale de l'Education nationale. L'évaluation des enseignants peut aussi s'en trouver transformée : les inspecteurs devront peut-être à l'avenir intégrer également une évaluation de l'équipe pédagogique dans son ensemble. C'est un sacré changement à mettre en oeuvre ! L'enquête Pisa montre que notre système éducatif est perfectible et, en pleine mondialisation, il n'est pas possible de rester comme cela. Il faut préparer les élèves à la société de demain. A titre d'exemple, la Corée a prévu la suppression totale des manuels papier pour en 2012.
Jean-Michel Fourgous : Tout est impacté, qu'il s'agisse à moyen terme des examens, des programmes, des contenus avec les manuels scolaires pour lesquels je vois une quasi-disparition des manuels papiers d'ici trois à cinq ans, ou encore la formation initiale et continue de l'enseignant. D'un point de vue pédagogique, les Tice modifient la relation entre l'élève et l'enseignant car ce n'est plus le mode frontal d'enseignement qui domine mais on apprend à travailler davantage selon une approche par projets, ce qui n'est pas dans la culture initiale de l'Education nationale. L'évaluation des enseignants peut aussi s'en trouver transformée : les inspecteurs devront peut-être à l'avenir intégrer également une évaluation de l'équipe pédagogique dans son ensemble. C'est un sacré changement à mettre en oeuvre ! L'enquête Pisa montre que notre système éducatif est perfectible et, en pleine mondialisation, il n'est pas possible de rester comme cela. Il faut préparer les élèves à la société de demain. A titre d'exemple, la Corée a prévu la suppression totale des manuels papier pour en 2012.
AEF : Concrètement, que proposez-vous ? Quels sont les budgets nécessaires ?
Jean-Michel Fourgous : Nous préconisons de créer et de coordonner un laboratoire d'ingénierie pédagogique de demain pour faire travailler les acteurs de l'éducation sur l'impact du numérique. Nous proposons une sorte de plan sur trois ans avec une augmentation du niveau d'équipement, de la formation des enseignants, des séries d'actions avec une modification de l'organisation des acteurs, un déploiement de certains éléments afin d'atteindre l'objectif que le système scolaire français figure parmi les meilleurs au monde. Le rapport livre des conseils et des préconisations pour accompagner le changement et accélérer le mouvement. Au niveau des financements nécessaires, c'est aux ministres de décider, mais quand on va dans cette cour-là il ne faut pas y aller avec 10 millions d'euros.
Jean-Michel Fourgous : Nous préconisons de créer et de coordonner un laboratoire d'ingénierie pédagogique de demain pour faire travailler les acteurs de l'éducation sur l'impact du numérique. Nous proposons une sorte de plan sur trois ans avec une augmentation du niveau d'équipement, de la formation des enseignants, des séries d'actions avec une modification de l'organisation des acteurs, un déploiement de certains éléments afin d'atteindre l'objectif que le système scolaire français figure parmi les meilleurs au monde. Le rapport livre des conseils et des préconisations pour accompagner le changement et accélérer le mouvement. Au niveau des financements nécessaires, c'est aux ministres de décider, mais quand on va dans cette cour-là il ne faut pas y aller avec 10 millions d'euros.



















