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Actualité - Petite enfance

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05/02/2010 - Nous proposons un plan de 300.000 places d'accueil collectif pour les 0-3 ans, indique Yves Fournel, président RFVE.
+ En bref, les infos du jour.


Adjoint au maire de Lyon chargé de l'éducation et de l'enfance, Yves Fournel est aussi président du réseau français des villes éducatrices. Dans un entretien à l'AEF, il a détaillé les propositions des Assises nationales pour l'éducation qui ont eu lieu à Strasbourg le 29 janvier 2010. Notre éclairage portera principalement autour du débat sur l'âge de la scolarité obligatoire.
 
Partant de l'analyse que la réussite et le développement personnel des enfants se joue durant le temps scolaire, mais aussi en dehors, le président du RFVE souligne que c'est la première fois que les acteurs des deux mondes, celui des 0-3 ans et celui des 2-6 ans, se réunissent et définissent des propositions ensemble. Les participants aux assises (RFVE, FCPE, organisations syndicales, associations pédagogiques, regroupements d'élus) partageraient la conviction que cette période décisive pour les enfants n'est pas un enjeu réductible à chaque famille : il est collectif, partagé par la société toute entière.
 
Afin de financer le plan national de 300.000 places en accueil collectif pour les 0-3 ans, Yves Fournel à évoqué un rééquilibrage : prendre une partie des fonds consacrés aux aides à la personne, qui ont augmenté, afin de soutenir davantage les structures d'accueil. L'investissement nécessaire serait de l'ordre de 10 milliards d'euros sur cinq ans, partagé entre l'Etat, les collectivités territoriales et les entreprises.
 
Le coût de ce plan en termes de fonctionnement, évalué à 4,5 milliards par an, à partager entre l'Etat, la Cnaf, les collectivités, les employeurs et les familles en fonction de leurs revenus, est mis en relation avec les 11 à 12 milliards d'euros consacrés par la Cnaf à la Paje et à sa progression de 3 milliards en quelques années. Pour l'élu, il s'agit de miser sur le développement du service public, sans pour autant étatiser, ni opposer les structures : il peut s'agir de crèches privées, d'entreprises ou associatives, de relais d'assistantes maternelles, évoquant au passage l'échec du projet gouvernemental des jardins d'éveil.
 
En ce qui concerne les 2-3 ans, le libre choix des parents pour la scolarisation doit être garanti, en termes de locaux et de personnels. Les Assises préconisent en outre le développement de structures, déjà expérimentées au niveau des villes, telles que les 'classes-passerelle', où les éducateurs jeunes enfants (EJE), des enseignants et des agents territoriaux (Atsem) travaillent ensemble.
 
La question de l'avancée de l'âge de la scolarité obligatoire doit être l'objet d'un débat national. Pour conforter l'école maternelle, Yves Fournel cite la demande que l'Etat ait une obligation de moyens et qu'elle ne soit plus la variable d'ajustement des budgets de l'Etat. Selon les participants aux Assises, l'Education nationale devrait inclure la spécificité de l'école maternelle dans la formation initiale et continue des enseignants.
 
Le président du RFVE annonce par ailleurs que la phase décentralisée, avec des débats dans les villes, de ces Assises nationales pour l'éducation se poursuit. Une étape nationale aura lieu à Saint-Denis, le 5 juin 2010.
 
 
En bref
 
Stabilité de la dépense française d'éducation
Selon une note d'information de la Depp sur le Coût de l'éducation en 2008 rendue publique samedi dernier, en 2008, la France a consacré 129,4 milliards d'euros à son système éducatif, soit un niveau stable en euros constants pour la troisième année consécutive. Cela représente 6,6% du PIB et 2.020 euros par habitant. Autres chiffres : la dépense moyenne par élève ou étudiant est de 7.780 euros : 5.620 euros pour un écolier, 9.110 euros pour un élève de l'enseignement secondaire, 10.790 euros pour un étudiant. Une stabilité de la dépense intérieure d'éducation qui s'explique selon la Depp par les efforts de maîtrise de la dépense publique (notamment par le remplacement partiel des personnels administratifs ou d'enseignants partant à la retraite), mais également un ralentissement de l'investissement des collectivités locales après une période de forte hausse.
Lire la note
 
Masterisation
Philippe Watrelot (CRAP-Cahiers pédagogiques), Jean-Jacques Hazan (FCPE) et Antoine Evennou (UNL), dans un communiqué intitulée Des enseignants sans formation dans les classes à la rentrée 2010 :
des conséquences désastreuses pour les élèves note d'information
, dénoncent la prise en charge de classes à la rentrée par les 10.300 nouveaux professeurs qui n'auront eu, dans le meilleur des cas, en guise de formation professionnelle qu'un stage de six semaines en même temps qu'ils préparaient leur concours. Les signataires s'inquiètent des victimes de ces nouveaux venus qui se sentiront débordés ou désemparés : Que va-t-on dire aux écoliers, aux collégiens, aux lycéens, à leurs parents ? Un peu de patience, il apprend le métier 'sur le tas' ? L'année prochaine ça ira mieux ?. Leur plaidoyer s'achève par un appel au ministre et aux recteurs de renoncer à de tels projets et de remettre en chantier la question de la formation des enseignants.
Lire le communiqué
 
Homophobie
La polémique enfle autour de Le Baiser de la lune, ce court-métrage réalisé par une société de production rennaise qui vise à sensibiliser les classes de CM à la discrimination homophobe. Luc Chatel indique que le film n'a pas vocation à être diffusé en primaire à l'école. Mercredi 3 février, au micro de RMC et BFM TV, le ministre a rappelé qu'il s'agit d'une initiative privée, non financée par le MEN, précisant que la lutte contre les discriminations, et particulièrement contre l'homophobie, c'est un sujet très important et l'Education nationale joue un rôle très important, mais traiter de ces sujets en primaire, cela me semble prématuré.
Pour Stéphanie Courtois, déléguée générale de la fédération d'Ille-et-Vilaine de la Ligue de l'enseignement, Le Baiser de la lune peut être diffusé dans les centres de loisirs et les structures d'encadrement des enfants s'il n'est pas autorisé à l'école primaire. Cette fédération soutient et coordonne l'élaboration d'un livret pédadogique qui l'accompagnera et souligne que le film est théoriquement destiné à l'échelle départementale et régionale.
Il est nécessaire de lutter contre l'homophobie et les discriminations de genre dès l'école primaire, déclare le collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire dans un communiqué daté d'hier, appelant solennellement le ministre de l'Education nationale à revenir sur ses déclarations.
En parlant de vision étroite de l'amour sur son site, Sébastien Watel, producteur et réalisateur du projet, n'est-il pas plus dans la promotion des relations amoureuses entre personnes du même sexe, plutôt que dans la lutte contre l'homophobie ? Ne colle-t-il pas le mot ringard sur les relations amoureuses entre personnes de sexes opposés ?
 




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